Cet article, publié dans le numéro 04 de la revue Tacet intitulé Les Sonorités de l'Utopie en 2015, se propose d'étudier les pratiques de field recording ) travers les relations qu'elles entretiennent avec des “lieux”. Revenant sur les aspects documentaires ou les revendications musicales qui en organisent la prodution et la réception, il s'agit de considérer les pratiques phonographiques en tant qu'elles sont culturellement “situées” et cultivent certains rapports à l'exotisme. L'usage du phonographe dans l'histoire coloniale y permet d'analyser la manière dont l'enregistrement de terrain produit des relations entre un ailleurs et un ici, et dont la production d'altérités dans l'écoute est aussi le signe de reproductions culturelles. L'enregistrement de terrain y est enfin considéré au prisme de ses utopies sonores, qui contribuent à la production d'un “corps auditeur”.